Réalisation : Houilles (78)
Faîtage d’une toiture en tuiles mécaniques à Houilles (78)
La ligne de faîte, c’est le point haut du toit, là où les deux pans se rejoignent. C’est aussi l’ouvrage qui subit le plus de mouvement : soleil direct, vent, dilatation, et rien au-dessus pour le protéger. Sur ce pavillon de Houilles couvert en tuiles mécaniques, c’est précisément là que la toiture commençait à lâcher, alors que le reste des pans tenait encore très correctement.
Le problème rencontré
Les propriétaires n’avaient pas de fuite déclarée, mais ils ramassaient régulièrement des débris de mortier au pied de la maison, sur la terrasse et dans les gouttières. Vu du sol, la ligne de faîtage n’était plus droite : deux faîtières avaient légèrement pivoté, et un jour visible s’était ouvert entre elles.
En montant sur le toit, le diagnostic a été rapide. Le mortier de scellement d’origine, qui maintenait les tuiles faîtières et fermait la jonction entre les deux versants, avait éclaté sur une bonne partie de la longueur. Par endroits, il ne restait qu’une croûte friable qui se détachait à la main. Deux faîtières n’étaient plus retenues que par leur emboîtement avec la voisine.
Le risque était double et bien réel. À court terme, une faîtière descellée peut glisser sur le rampant, se briser et casser plusieurs tuiles au passage. À moyen terme, chaque coup de vent poussait l’eau de pluie dans les ouvertures du faîtage, directement au-dessus des combles, sans écran de sous-toiture pour l’intercepter sur ce type de construction ancienne. Une intervention avant l’hiver s’imposait.
La solution proposée
Deux chemins étaient possibles. Le premier, refaire le scellement au mortier à l’identique, avait le mérite de respecter la mise en œuvre d’origine. Nous l’avons écarté après discussion avec les propriétaires, pour une raison simple : le mortier est un matériau rigide posé sur un ouvrage qui bouge sans arrêt. La charpente travaille, les tuiles se dilatent, et le mortier, lui, ne suit pas. Il finit par se fendre, exactement comme il l’avait déjà fait ici.
Nous avons donc retenu la pose à sec sur closoir ventilé. Le principe est différent : les faîtières ne sont plus collées au mortier mais vissées sur un support de faîtage en bois, et l’espace entre les faîtières et les tuiles du dernier rang est fermé par un closoir, une bande souple plissée en aluminium et butyle qui épouse le relief des tuiles. Ce closoir bloque la pluie, la neige poudreuse et les oiseaux, mais il laisse passer l’air.
Ce dernier point est loin d’être un détail. Un faîtage scellé au mortier ferme hermétiquement le haut du toit, alors que c’est justement par là que doit s’échapper l’air qui circule sous la couverture. Sans cette sortie d’air, l’humidité stagne, les liteaux restent humides et les bois de charpente vieillissent plus vite. En passant à sec, nous avons réglé le problème d’étanchéité et rétabli en même temps la ventilation de la couverture.
Les matériaux utilisés
- Tuiles faîtières du même modèle et de la même teinte que celles en place, à emboîtement, pour conserver l’aspect de la toiture ;
- Closoir ventilé en rouleau, à âme aluminium plissée et bandes butyle adhésives sur les deux bords ;
- Support de faîtage en bois traité classe 2, fixé sur les chevrons par équerres métalliques réglables en hauteur ;
- Vis inox à tête peinte pour la fixation des faîtières, avec rondelle d’étanchéité ;
- Tuiles mécaniques neuves du même modèle pour remplacer les quelques pièces fendues repérées dans les deux derniers rangs ;
- Crochets et pointes inox pour la refixation des tuiles du rang de tête ;
- Mortier de scellement en très petite quantité, réservé au calage des faîtières d’about aux deux extrémités.
Le déroulé technique du chantier
Protection et dépose. Nous commençons par bâcher la terrasse et protéger les descentes de gouttière, parce que le piquage du mortier produit énormément de gravats. Les faîtières sont ensuite déposées une à une et alignées sur le rampant : celles qui sont saines seront reposées, les fêlées écartées. Le mortier résiduel est piqué jusqu’à retrouver le nu des tuiles.
Contrôle du support. Une fois le faîtage à nu, on voit ce qu’on ne voyait pas depuis le sol. Nous contrôlons la panne faîtière, l’extrémité haute des chevrons et l’état des liteaux du haut. Ici, le bois était grisé en surface sur quelques centimètres mais parfaitement sain au poinçon, sans zone tendre ni trace d’insecte. Aucun renfort n’a été nécessaire.
Mise en place du support de faîtage. C’est la pièce maîtresse de la pose à sec. Une latte de bois traité est fixée sur les chevrons par des équerres réglables, parallèle à la ligne de faîte et réglée en hauteur au cordeau. Ce réglage détermine tout : trop bas, les faîtières écrasent les tuiles ; trop haut, elles laissent un jour disgracieux et le closoir ne travaille plus correctement.
Reprise du rang de tête. Le dernier rang de tuiles de chaque versant, celui qui vient buter contre le faîtage, est repris tuile par tuile. Certaines sont retaillées en biais pour venir mourir proprement contre l’axe : cette coupe oblique s’appelle un tranchis. On vérifie aussi le pureau de ce rang, c’est-à-dire la partie visible de la tuile, celle que la rangée du dessus ne recouvre pas. Un pureau irrégulier en tête de versant crée des points de rétention d’eau juste sous le faîtage.
Pose du closoir. Le rouleau est déroulé sur toute la longueur du faîtage, centré sur le support. On retire les films protecteurs des deux bandes butyle, puis on maroufle le closoir à la main contre les tuiles pour que le plissé de l’aluminium épouse chaque ondulation. Le travail se fait sur support sec et par température douce, sinon le butyle n’adhère pas. Aux jonctions, deux longueurs de closoir se chevauchent d’une largeur généreuse : on parle de recouvrement, cette superposition toujours orientée dans le sens de l’écoulement de l’eau.
Pose des faîtières. Les faîtières sont ensuite reposées en s’emboîtant les unes dans les autres, en commençant par l’extrémité opposée aux vents dominants, pour que chaque emboîtement soit tourné dos au vent. Chacune est vissée en inox dans le support de faîtage. Aux deux bouts, les faîtières d’about sont calées et scellées ponctuellement, parce que ce sont les seules qui n’ont pas de voisine pour les tenir.
Contrôles de fin. Alignement vérifié au cordeau sur toute la longueur, contrôle du serrage de chaque vis, arrosage d’essai sur la ligne de faîte, puis inspection depuis les combles pendant que le toit ruisselle encore. Les gravats sont évacués et les gouttières rincées, parce que du mortier oublié dans une gouttière finit toujours par boucher une descente.
La durée du chantier
La reprise complète d’un faîtage sur un pavillon de ce gabarit se mène généralement en une journée, parfois deux selon la longueur de la ligne de faîte, l’état du support découvert à la dépose et le nombre de tuiles à remplacer dans les rangs de tête. Le facteur limitant reste la météo : le collage du closoir demande des tuiles sèches, et nous ne laissons jamais un faîtage ouvert la nuit si de la pluie est annoncée.
Ce type d’intervention relève de notre activité de faîtage et arêtier, et s’inscrit souvent dans un projet plus large de rénovation de toiture. Nous intervenons régulièrement comme couvreur à Houilles et dans les communes voisines des Yvelines ; vous pouvez consulter nos autres réalisations. Vous ramassez des morceaux de mortier au pied de votre maison ? Demandez votre devis gratuit.