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Réalisation : Île-de-France

Habillage de pieds de cheminée en zinc et plomb

Habillage de pied de cheminée en zinc avec bande de solin en Île-de-France

Il y a peu d’endroits sur un toit où l’eau trouve aussi facilement son chemin qu’au pied d’une cheminée. Sur cette maison, l’ancien solin était fissuré sur plusieurs faces et franchement décollé de la maçonnerie côté vent de pluie. Résultat : à chaque averse un peu tenace, l’eau entrait et laissait sa signature sur le conduit, visible depuis les combles. Un simple rejointoiement n’aurait tenu qu’une saison ou deux.

Le problème rencontré

Le premier symptôme relevé par les propriétaires était classique : des auréoles brunes qui s’élargissaient lentement sur la maçonnerie du conduit, dans le volume des combles, sans aucune trace correspondante ailleurs sur la charpente. En montant sur le toit, le diagnostic s’est confirmé rapidement. Le joint qui maintenait l’ancien solin dans le mur avait éclaté par endroits, et la bande métallique s’était écartée de la souche, créant une gouttière à l’envers qui guidait l’eau vers l’intérieur au lieu de l’en éloigner.

Le risque, ici, n’était pas immédiat mais bien réel. Une infiltration lente au pied d’une souche mouille d’abord la maçonnerie, puis l’isolant s’il y en a, et finit par attaquer les bois de charpente en contact avec le conduit. Ces bois-là sèchent mal parce qu’ils sont enfermés. Laisser courir une année de plus, c’était s’exposer à une reprise de charpente en plus de la zinguerie.

La solution proposée

Deux options s’offraient à nous. La première, la plus rapide, consistait à recreuser le joint existant et à y sceller un nouveau mastic. Nous l’avons écartée : sur une souche dont le joint avait déjà lâché une fois, un simple mastic subit exactement les mêmes contraintes de dilatation et cède à nouveau, généralement au bout de quelques hivers.

Nous avons donc retenu la solution durable : un habillage complet du pourtour de la souche, en deux étages métalliques indépendants. Un solin en zinc façonné sur mesure remonte le long de la maçonnerie et vient mourir sous la couverture, et par-dessus, un contre-solin en plomb encastré dans un joint neuf recouvre le haut du zinc. L’intérêt de ce principe à deux pièces est mécanique : le zinc peut se dilater librement derrière le plomb, et l’eau qui ruisselle sur le mur est interceptée par le plomb, puis évacuée par le zinc vers les tuiles. Aucun mastic n’est chargé d’assurer l’étanchéité à lui seul, il ne fait qu’un rôle d’appoint.

Les matériaux utilisés

  • Zinc naturel en feuilles, façonné à l’atelier et ajusté sur place, pour le solin et les rejets d’eau ;
  • Plomb laminé pour le contre-solin encastré : c’est le seul métal assez souple pour suivre les défauts de planéité d’un mur en briques ou d’un crépi ancien ;
  • Bande d’about en zinc en partie haute de la souche, côté amont, pour renvoyer l’eau qui descend du faîtage de part et d’autre du conduit ;
  • Mortier de scellement à prise adaptée pour le rebouchage du joint creusé dans la maçonnerie ;
  • Fixations inox exclusivement, pour éviter tout couple électrolytique avec le zinc et le plomb ;
  • Tuiles de récupération et tuiles neuves de même modèle pour les remplacements ponctuels autour de la souche ;
  • Mastic élastomère de finition, en complément du scellement, jamais en remplacement.

Le déroulé technique du chantier

Dépose et mise à nu. Nous commençons par retirer les tuiles sur le pourtour de la souche, sur une largeur suffisante pour travailler à l’aise, en les stockant à plat pour pouvoir les reposer. L’ancien solin est déposé et le joint dégradé gratté jusqu’au support sain. C’est aussi à ce moment que l’on découvre l’état réel des liteaux et des bois autour du conduit : sur ce chantier, ils étaient marqués mais encore sains.

Creusement du joint. Le contre-solin en plomb doit s’encastrer dans la maçonnerie, pas se coller dessus. Nous creusons donc un joint horizontal dans le mur de la souche, à une hauteur régulière au-dessus du plan de la couverture, sur toutes les faces concernées. Ce trait de scie propre est ce qui garantit la tenue à long terme.

Façonnage du zinc. Chaque face de la souche a ses dimensions. Les feuilles de zinc sont pliées pour former deux parties : un relevé, la portion verticale qui remonte contre le mur, et une plage, la portion horizontale qui repose sur la couverture et conduit l’eau vers l’aval. Le relevé doit monter franchement haut : trop court, il laisse le vent pousser l’eau par-dessus.

Traitement des angles. Aux quatre coins de la souche, les feuilles ne se coupent pas bout à bout, elles se recouvrent. On appelle recouvrement cette superposition de deux pièces dans le sens de l’écoulement, toujours orientée pour que l’eau passe par-dessus le joint, jamais dedans. Les angles sont repliés et soudés à l’étain quand la configuration l’exige, notamment sur la face amont où l’eau arrive en volume.

Le tranchis en partie basse. Côté aval, la plage de zinc vient s’insérer sous les tuiles. Celles-ci doivent souvent être retaillées en biais pour venir mourir proprement contre le zinc : cette coupe oblique s’appelle un tranchis. Bien exécuté, il ne laisse aucun jour et reste discret vu du sol.

Pose du contre-solin en plomb. Les bandes de plomb sont engagées dans le joint creusé, puis matées, c’est-à-dire tassées à l’outil pour qu’elles se calent dans la saignée. Le joint est ensuite rebouché au mortier de scellement, et la partie basse du plomb est rabattue sur le relevé du zinc. Le plomb n’est pas fixé au zinc : il le recouvre librement, ce qui laisse chaque métal travailler avec la température.

Repose de la couverture et contrôle. Les tuiles sont reposées en respectant le pureau, c’est-à-dire la partie visible de chaque tuile, celle qui n’est pas recouverte par la rangée du dessus. Un pureau irrégulier crée des points de rétention d’eau. Nous finissons par un arrosage d’essai sur les zones reprises et un contrôle sous toiture, dans les combles, pendant que le toit ruisselle encore.

La durée du chantier

L’habillage complet d’un pied de cheminée se mène généralement sur une journée à deux journées de travail, selon le nombre de faces à traiter, la hauteur de la souche, la nature de la maçonnerie et le moyen d’accès nécessaire. Le creusement du joint et le séchage du scellement conditionnent le rythme, et une météo pluvieuse impose de fractionner le travail pour ne jamais laisser la couverture ouverte sous l’averse.

Ces travaux relèvent de notre activité de zinguerie ; lorsque l’origine de la fuite n’est pas évidente, ils sont précédés d’une recherche de fuite. Nous intervenons sur l’ensemble de notre zone en Île-de-France, et vous pouvez consulter nos autres réalisations. Votre cheminée présente des traces d’humidité en pied ? Contactez-nous pour un diagnostic et un devis gratuits.

FAQ chantier

Questions sur ce chantier

Pourquoi ma cheminée fuit-elle alors que les tuiles sont en bon état ?
Dans la grande majorité des cas, la fuite ne vient pas des tuiles mais du solin, cette pièce métallique qui assure la jonction entre la maçonnerie de la souche et la couverture. Le joint qui le maintient dans le mur se fissure avec les cycles de gel et de chaleur, et l'eau passe derrière. Une couverture peut donc être saine et laisser entrer l'eau à cet endroit précis.
Faut-il du zinc ou du plomb pour habiller un pied de cheminée ?
Les deux, et ils ne jouent pas le même rôle. Le zinc constitue l'habillage principal : il est rigide, se façonne proprement et dure longtemps. Le plomb sert au contre-solin, la bande qui vient recouvrir le haut du zinc et s'encastrer dans la maçonnerie, parce que sa souplesse lui permet d'épouser un mur qui n'est jamais parfaitement plan.
Une trace d'humidité sur le conduit dans les combles vient-elle forcément du solin ?
C'est la cause la plus fréquente, mais pas la seule : un chapeau de couronnement fissuré, un conduit non chemisé ou de la condensation peuvent produire des traces similaires. C'est pourquoi nous commençons toujours par un diagnostic sur place avant de proposer une reprise. Habiller un pied de cheminée qui n'était pas en cause ne réglerait rien.

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